Dans l’État d’Adamawa, au Nord-Est du Nigéria, les chrétiens se font tuer en toute impunité et on leur refuse même le droit de protester ! C’est, en substance, le message qu’ont fait passer les autorités nigérianes aux chrétiens qui planifiaient une marche pour dénoncer les massacres de fermiers chrétiens perpétrés par les bergers peuls.

 

La manifestation, qui était prévue le 7 mars, a été interdite et Mijah Stanley, son  organisateur, a été arrêté. Relâché deux jours plus tard, il a fait part de son indignation : « On ne peut pas continuer à les regarder nous massacrer simplement parce que nous sommes chrétiens et que nous ne partageons ni leur convictions religieuses ni leur positions politiques. Or, le gouvernement nigérian n’agit pas, il n’a même pas fait de déclaration condamnant ces tueries. »

 

Pris pour cible depuis 2016

Les zones chrétiennes de l’État d’Adamawa sont régulièrement prises pour cible depuis 2016. Les exemples dramatiques ne manquent pas :

  • Récemment dans la région de Demsa, les bergers Peuls ont attaqué six villages faisant 37 morts et 30 blessés.
  • Le 27 février, une attaque de grande envergure a provoqué la fuite de plus de 4000 personnes qui sont aujourd’hui sans toit et sans ressources. Le village de Gwamba a été totalement rasé et ses habitants chassés de chez eux, 20 personnes sont mortes dans l’attaque et une trentaine ont été blessées.

 

Autre attaque dans l’État du Plateau

D’autres États du Nord-Est du Nigéria sont aussi touchés. Ainsi, le 14 mars, vers 6h du matin, des Peuls ont fait irruption dans 3 villages de la région de Bassam, dans l’État du Plateau, et ont tiré sur les habitants, faisant des morts et des blessés. 20 maisons et l’église ont été incendiées et les habitants se sont enfuis dans la campagne environnante.