Nous avons dit à Maryam que des milliers de personnes avaient prié pour elle tout le temps qu’elle avait passé en prison, et que des centaines de personnes lui ont envoyé du courrier. Elle a été très surprise :

«Vraiment ! Tant que ça ? Je ne le savais pas.» Elle avait du mal à le croire.

«Je me croyais oubliée, mais tant de personnes pensaient à moi !»

Les autorités ont retenu le courrier de Maryam pendant qu’elle était en prison, mais nous avons pu lui montrer quelques messages scannés. La première lettre venait d’une petite Abigaïl âgée de 11 ans, en Australie. Une carte pleine de couleurs, décorée de joyeux autocollants. Quand on lui a traduit les premiers mots, Maryam s’est enfoui le visage dans les mains et s’est mise à sangloter.

 

«Je ressens comme un miracle»

«Les enfants me manquent tellement», dit-elle entre deux sanglots.

«J’étais professeur de musique auprès des enfants», dit-elle, «et en prison j’ai pleuré chaque jour de rentrée scolaire. Je n’ai plus vu d’enfants depuis quatre ans.» Elle a jeté encore un coup d’œil aux lettres et sourit à travers ses larmes.

«Maintenant, je comprends que je n’étais pas seule à penser aux enfants, les enfants pensaient à moi eux aussi, et même priaient pour moi !»

Maryam a tenu à remercier toutes les personnes qui ont pensé à elle en prison :

«Je ressens comme un miracle le fait que tant de gens aient prié pour moi, dans des pays dont j’ignorais jusqu’à l’existence. C’est vraiment pour moi une grande source de force et je voudrais vous remercier tous profondément. Je n’aurais peut-être jamais l’occasion de vous rencontrer, ni de vous parler personnellement, ni de vous embrasser et de vous dire que je vous aime, mais je vous dis un très grand merci. Nous sommes une seule famille en Christ.»

 

Les défis de la sortie de prison

Maryam nous a dit qu’elle allait bien mais que son corps ne s’est pas encore réhabitué à la vie en dehors de la prison : « Je dors mal, et j’ai très peu d’appétit. »

Maryam Naghash Zargaran a été libérée en août 2017 après avoir purgé une peine de quatre ans de prison à cause de sa foi.

«Quand je suis sortie de prison, tout ce dont j’avais envie c’était de courir, courir, courir sans rentrer dans un mur ! », raconte Maryam.

«J’avais aussi envie de conduire sans plus m’arrêter », en fait, dans la circulation de Téhéran, c’est de toute manière impossible» !