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En sortant d'une partie de tennis dans le Bois de Boulogne, un homme a tenté de ranimer un joggeur mort dans l'indifférence générale...
 

Mardi dernier à Paris, un homme de 20 ans a tenté de ranimer un joggeur dans une rue du 16e arrondissement. Pendant ce temps, les passants ont préféré filmer la scène ou ont fait semblant de ne rien voir. Une expérience qui a révolté et traumatisé le jeune homme.

 

Mardi dernier, en début d'après-midi, Jean, 20 ans, a vécu une expérience traumatisante. En rentrant d'une partie de tennis dans le bois de Boulogne, à Paris, il aperçoit dans une allée très passante un joggeur inerte, allongé sur le ventre. "Je le secoue, je lui parle, mais il ne répond pas", se souvient l'ancien scout dans Le Parisien. Formé au premier secours, le jeune homme appelle le 18 puis démarre un massage cardiaque.

"Ça se voyait sur son visage que l’homme était décédé, mais j’ai essayé de le ranimer, confie-t-il. Au bout de sept, huit ou dix minutes, je ne sais plus trop, une patrouille de police passe et s’arrête. Les policiers me demandent de continuer le massage car je suis sur ma lancée et je le fais bien a priori".

 

Les gens nous contournaient

Hormis ces policiers et une dame, personne ne s'est arrêté pour lui prêter main forte. Une quasi-indifférence générale que Jean a du mal à supporter. "J’ai appelé à l’aide par la voix et avec les yeux, mais les gens nous contournaient, regrette le héros malheureux. À 20 mètres, il y avait un arrêt de bus. Des gens et des petits qui devaient avoir 12 ans filmaient avec leurs téléphones".

Pire que tout, les images de vidéosurveillances récoltées par la police ont ensuite montré qu'il s'est passé entre 15 et 20 minutes entre le moment où le joggeur s'est effondré et l'arrivée de Jean. "Au moins trois ou quatre fois, les gens contournent et ne s’arrêtent pas. On ne pouvait pas ne pas le voir. Il y a non-assistance à personne en danger. Si quelqu’un était intervenu ou avait appelé les secours plus tôt, il aurait peut-être pu s’en sortir", s'indigne-t-il.

"Comment est-ce possible dans une société comme la nôtre, en plus dans le 16e, où les gens sont censés être éduqués ? Dans quel monde vit-on ? Il n’y a plus de civisme, fait remarquer cet étudiant en histoire et relations internationales. C’est dingue ! Pas normal ! C’est une réalité tellement difficile à avaler".

 

Ces êtres vivants ont, en cet instant, renoncé à leur qualité d’homme

Outrée, la mère de Jean dresse de son côté un constat terriblement amer de notre époque. "A-t-on le droit ainsi de filmer au lieu d’aller prêter main-forte à un homme essayant d’en sauver un autre ? On ne filme pas un homme en train de décéder, dans le seul but de partager sur les réseaux sociaux. Ces êtres vivants ont, en cet instant, renoncé à leur qualité d’homme. Notre société devient, avec l’existence des caméras et des réseaux sociaux, profondément inhumaine. Ne faudrait-il pas légiférer sur ce sujet des vidéos de voyeurs indécents ?", s'interroge-t-elle.

En attendant, Jean est aujourd'hui profondément hanté par cette histoire. Il envisage d'aller consulter un psychologue car il a du mal à s'endormir le soir et des frissons quand il repense à ces moments. "Mes proches et mes amis me disent que j’ai eu un geste héroïque. Je ne suis pas du tout un héros, sans fausse modestie. J’ai eu un réflexe naturel que tout le monde devrait avoir et qui ne devrait pas être hors du commun", estime-t-il.

 
Tag(s) : #SIGNES DES TEMPS APOCALYPTIQUES