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Stéphanie Benz

Avant même qu'un vaccin ne soit disponible, les membres du Conseil scientifique ont souhaité proposer une stratégie de vaccination pour la France.

© afp.com/PASCAL POCHARD-CASABIANCA A© afp.com/PASCAL POCHARD-CASABIANCA

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Si un ou plusieurs vaccins prouvaient leur efficacité, à qui faudrait-il les proposer en priorité ? Dans un avis en date du 9 juillet, mais rendu public seulement ce vendredi, des membres du Conseil scientifique, du comité Care et du nouveau Comité Vaccin Covid-19, ont souhaité apporter de premiers éléments de réponse à cette question. L'option d'une vaccination obligatoire a été écartée d'emblée par ces experts, tout comme une vaccination reposant sur des choix "purement individuels", qui pourrait "manquer d'efficacité et se révéler injuste socialement".

 

Ce groupe de réflexion a donc établi une liste des populations qu'il conviendrait de cibler en priorité, qui représentent un total de 30 millions de personnes.

En premier lieu, et sans surprise, on trouve les 6,8 millions de Français exposés du fait de leur activité professionnelle. Avec d'abord les professionnels de santé mais aussi tous les personnels travaillant auprès des plus âgés, dans les EHPAD ou à domicile, estimés au total à 1,8 million de personnes.

A cette première catégorie s'ajouterait 5 millions de Français en contact régulier avec le public (commerçants, guichetiers, enseignants, personnels de l'hôtellerie-restauration, caissières, chauffeurs de bus) ou travaillant dans des milieux confinés à risque (abattoirs, croisières, taxis...). Et enfin les travailleurs migrants vivant en foyer, où des clusters sont régulièrement repérés.

Viendraient ensuite les personnes à risque du fait de leur âge ou de leur état de santé. Soit près de 13,5 millions de plus de 65 ans, "sous réserve qu'un vaccin soit efficace" dans cette tranche d'âge, ce qui reste à ce stade une inconnue majeure. Auxquels il faut ajouter 4 millions de patients souffrant d'une pathologie chronique (maladie cardiovasculaire, hypertension, diabète), 10 millions d'obèses, plus toutes les personnes atteintes d'autres comorbidités (pathologies respiratoires chroniques, maladie rénale, cancer, maladie génétique ou affectant l'immunité).

Enfin, les 250 000 personnes en situation de grande précarité devraient aussi faire partie des premiers à bénéficier d'une vaccination. "Les conditions de logement, la précarité des ressources ou l'accès limité aux informations sanitaires (...) les exposent à un risque de contamination plus important, et à des risques plus élevés de forme grave et de décès", indiquent les auteurs du rapport.

Une fois ces populations considérées comme prioritaires protégées, la vaccination devrait s'adresser aux habitants des DOM-TOM qui n'auraient pas encore été couverts, du fait d'un risque plus élevé qu'en métropole de voir dans ces régions une pénurie de lits de réanimation.

Puis les personnes vivant en établissement fermé (prisons, hôpitaux psychiatriques, etc), et enfin les professionnels ayant un emploi stratégique (policiers, pompiers, militaires). Tous les Français concernés, y compris ceux ayant déjà été infectés, pourraient bénéficier de la vaccination. "Il n'existe pas d'argument suggérant que cela poserait problème, et au contraire, cela serait de nature à prolonger ou renforcer l'immunité acquise", relèvent les experts.

 

La question la plus difficile sera de convaincre les Français de se vacciner. Avec la crainte notamment que les controverses récentes sur les stratégies publiques ou les produits pharmaceutiques ne se reportent sur les vaccins, et portent préjudice à leur déploiement...

 

Lexpress.fr via MSN

Tag(s) : #SIGNES DES TEMPS APOCALYPTIQUES