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Illustration. (Shutterstock / KN)

Illustration. (Shutterstock / KN)

Deux jeunes hommes ont été lourdement condamnés pour avoir vandalisé 63 sépultures dans le cimetière de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), au début du mois d’août. Leurs explications formulées à l’audience ont de quoi laisser pantois.

 

Des croix renversées, des plaques de marbre brisées. L’affaire a fait grand bruit dans le département. Pas moins de 63 tombes du cimetière de Lannemezan ont été profanées dans la nuit du 9 au 10 août dernier. Les gendarmes en charge de l’enquête ont procédé à deux interpellations avec le soutien du Peloton de surveillance et d’intervention (PSIG), mardi à l’aube, rapporte La République des Pyrénées.

Les deux jeunes hommes, âgés de 23 et 24 ans, défavorablement connus des services de police, ont été placés en garde à vue. Interrogés, ils ont fini par passer aux aveux et ont fait l’objet d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Tarbes, ce jeudi.

L’audience s’est tenue en présence de nombreuses victimes. Le procès a permis à l’auditoire de comprendre comment les deux prévenus avaient été aussi rapidement identifiés. Ils avaient en fait commis deux grossières erreurs : l’un a perdu son téléphone portable sur place, l’autre s’est blessé à une main et a laissé des traces de sang sur les lieux de leurs méfaits.

 

Conseillé par un marabout installé au Mali

Originaire du Cameroun, l’un des vandales a expliqué son geste, devant des victimes abasourdies par ses déclarations. Il a d’abord assuré que « cela n’a rien à voir avec les personnes catholiques, ce n’était pas pour causer du tort », avant d’affirmer qu’il avait simplement appliqué les vagues consignes d’un marabout installé au Mali.

 

Ce dernier avait conseillé au jeune homme, qui voulait devenir une star de la musique, « d’enlever ce qui représente Dieu et le remplacer par 666 », pour « faire des offrandes à l’être opposé à Dieu ». On peut dire qu’il est effectivement devenu célèbre au niveau local, mais pas pour sa musique.

Son comparse, quant à lui, a essayé de minimiser son implication dans cette affaire. À la barre du tribunal, il a raconté comment son ami avait récité des incantations pour invoquer le démon. Lequel ami a aussitôt répondu que lui aussi voulait faire de la musique et qu’il avait également participé à cette cérémonie.

 

« En Afrique, c’est moins cher, on peut payer les gendarmes »

Durant l’audience, la présidente a aussi évoqué les déclarations du principal mis en cause, faites durant sa garde à vue. Celui-ci n’excluait pas de recommencer un tel acte ésotérique et dévastateur : « Oui mais pas en France. En Afrique, c’est moins cher, on peut payer les gendarmes. Ici, non, ils font des enquêtes ! ».

Conformément aux réquisitions du ministère public, il a été condamné à 18 mois de prison dont 8 mois ferme. Son complice a écopé de 12 mois de prison dont 6 mois ferme. Leurs condamnations ont été assorties d’un mandat de dépôt, qui a conduit le duo directement derrière les barreaux.

 

Plus de 30 000 euros de dégâts

En outre, ils devront indemniser les victimes. Une audience sur intérêts civils a été fixée au 13 novembre prochain. Le préjudice matériel dépasse les 30 000 euros.

Au lendemain de la découverte des faits, France 3 avait interrogé des personnes dont les concessions funéraires ont été vandalisées. Leur émotion était palpable

En marge du procès, le procureur de la République Pierre Aurignac a tenu à saluer le travail des gendarmes, relate La Dépêche, et en particulier celui des techniciens en Identification criminelle (TIC), qui ont relevé des traces et indices sur chacune des 63 tombes vandalisées.

 

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