Charles Dutton (Acteur, réalisateur)
Je dois avouer … je dois admettre que j’ai toujours été fasciné par la mort. Enfant, je voulais devenir entrepreneur de pompes funèbres. J’ai toujours été intéressé par le mystère de la mort. Quand un membre de ma famille ou un ami décédait, je passais des heures dans le salon funéraire, à fixer leur dépouille.
En 2006, j’étais à la Nouvelle Orléans et je réalisais un film. Ma petite amie est venue me rejoindre, elle voulait passer deux semaines avec moi.
Je raffole de tout ce qui a trait à l’Histoire des Etats-Unis. Comme nous nous trouvions dans un Etat du Sud profond, nous passions tous nos samedis à faire des visites guidées de plantations de la Nouvelle Orléans, j’en tirais un très grand plaisir.
Une célèbre prêtresse vaudou a vécu à la Nouvelle Orléans au XIXe siècle. Elle s’appelait : Marie Laveau.
On a dit au sujet de cette prêtresse, qu’elle tenait des pouvoirs étonnants et qu’elle avait exercé un grand contrôle sur les politiciens de la Nouvelle Orléans. Ils venaient la consulter lorsqu’ils éprouvaient certains problèmes. Elle les aidait à résoudre leurs difficultés. Je voulais visiter son lieu de sépulture, car c’est encore aujourd’hui un véritable lieu de pèlerinage. Les gens viennent déposer des offrandes sur sa tombe.
Un certain samedi, ma copine et moi avons entrepris de faire des recherches dans ce cimetière. C’est un cimetière très ancien, des gens ont été inhumés dans des caveaux, au-dessus du sol, à cause du niveau de la mer. Un grand nombre de sépultures est en très mauvais état. L’endroit n’est plus entretenu depuis au moins une centaine d’années. Au moment où nous sommes arrivés, j’ai dit à ma copine : « Va dans cette direction, je vais du côté opposé, on se retrouve très exactement ici dans 15 minutes ». Elle était d’accord.
Nous avons commencé à déchiffrer les pierres tombales dans les allées étroites, parsemées de débris. De temps en temps j’apercevais ma copine au loin. Tout à coup, j’ai constaté qu’il se faisait tard, mais j’étais déterminé à trouver le tombeau de Marie Laveau. Finalement, au moment où nous allions quitter le cimetière, je me suis retourné et j’ai aperçu droit devant moi : le tombeau de Marie Laveau.
Il y avait toutes sortes d’objets sur la tombe : des offrandes, des billets d’un dollar, des messages, etc.
Pendant que nous contemplions la tombe de Marie Laveau, nous avons remarqué le caveau voisin, juste à coté du sien. Je me suis demandé si cet autre caveau avait été profané, ou si le passage du temps avait disloqué plusieurs pierres. On pouvait à peine déchiffrer les inscriptions tellement elles étaient effacées. On arrivait tout de même à distinguer l’année du décès qui était 1850, le nom de la personne était : Duplessy.
J’éprouvais de la tristesse pour cette personne dont la tombe était ouverte, et en même temps, j'éprouvais une grande curiosité. A quoi pouvait bien ressembler la mort après tant d’années ?
Le cercueil était entrouvert d’une douzaine de centimètres au niveau de la tête, comme si quelqu’un l’avait forcé. Ma curiosité l’a emporté et j’ai voulu en savoir davantage … je voulais voir le squelette.
J’ai jeté un coup d’œil dans le cercueil, j’ai aperçu le squelette de l’homme tout au fond. En soulevant légèrement le couvercle, il s’est presque complètement ouvert. Il s’agissait sans doute d’un homme d’une certaine classe. Il portait encore une espèce de jabot autour du cou. Ma copine a alors pris son cellulaire, elle a allongé le bras au-dessus du mort pour faire une photo.
Quand on se retrouve dans une situation pareille où on a l’impression que la tombe de quelqu’un a été profanée, faut-il intervenir pour essayer de corriger la situation ? Ou, vaut-il mieux ne toucher à rien ?
J’ai dit à ma copine : « Aide-moi à refermer le cercueil le mieux possible. Je vais ensuite le soulever et le repousser à l’intérieur du caveau ».
Je me suis dit que j’aidais à contribuer à remettre en place la sépulture et à faire en sorte que le monsieur ne soit plus exposé aux éléments.
Inévitablement, nous avons suscité la curiosité des passants qui nous ont vu manipuler ce cercueil. Certains nous criaient : « Êtes-vous devenus fous ? », d’autres s’inquiétaient : « Est-ce que ça va là-bas ? » ; « Que se passe-t-il ? »
Au moment où je m’efforçais à faire rentrer le cercueil à l’intérieur, ma copine a dit : « Stop ! Allons-nous-en, tu déranges le mort ! »
Avais-je eu raison de vouloir repousser le cercueil de cet homme à l’intérieur ? Ou, est-ce que je troublais son repos ?
Je ne voulais pas lui manquer de respect, mais ma curiosité avait été plus forte que tout. J’ai réussi à pousser le cercueil plus loin à l’intérieur. Il restait encore un bout dehors, je n’arrivais pas à voir ce qui bloquait le passage. Il commençait à se faire vraiment tard, et soudain le cimetière est devenu… inquiétant.
Ma copine m’a dit : « C’est le moment de s’en aller ! ».
Tout à coup, venue de nulle part, vraiment de nulle part, une présence étrange. Nous avons senti quelqu’un derrière nous. Nous nous sommes retournés, et nous avons aperçu un homme.
Sa présence était imposante !
Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est cette étoffe nouée autour de son cou, exactement comme celle que j’ai vu à l’intérieur du cercueil. Il était vêtu de loques, les cheveux rares et en bataille. Il semblait avoir survécu à un naufrage, ou s’être échappé d’un donjon. Si on soutenait son regard, on sentait une grande intensité, un regard qui donne envie de fuir.
Quand il vous fixait, son regard vous transperçait jusqu’au fond de l’âme. J’avais nettement l’impression, que ce monsieur nous disait : « Déguerpissez ! »
Il voulait qu’on parte. J’ai senti qu’il nous mettait au défi, j’ai voulu y répondre. Il s’est alors retourné, il s’est éloigné. J’ai voulu le suivre entre les tombes, il a disparu ! Quand j’ai tourné le coin du caveau à sa poursuite, il ne pouvait s’échapper d’aucune manière, il y avait un mur !
Là je me suis dit : « Bon ça suffit ! », nous sommes sortis du cimetière.
Une fois dehors, nous sommes restés plusieurs minutes devant le cimetière en état de totale stupéfaction après avoir vu ce fantôme.
Par la suite, j’ai toujours espéré que ce monsieur Duplessy comprenne que je voulais seulement l’aider. Je ne cherchais aucunement à lui manquer de respect ni à déranger sa sépulture.
Si le phénomène dont nous avons été témoin est lié à monsieur Duplessy, si j’ai offensé sa mémoire en posant les gestes que j’ai posés, alors je dois en déduire que j’ai commis une erreur.
L’apparition inquiétante de cet homme dans le cimetière, nous a habité très longtemps ma copine et moi.
Via : Discovery Channel


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