Compassion à deux vitesses : La Sierra Léone enterre ses 400 morts dans l'indifférence totale d'un monde extrêmement choqué par les 14 morts de Barcelone.
 

 

L'attentat terroriste au Burkina Faso, l'autre semaine, n'avait que la quatrième place au JT de 20h, parmi les infos...Celui de Barcelone, une moitié du journal télévisé...Quant aux centaines de morts en Sierra Leone, moins de deux minutes leur ont été consacrés...

Selon que vous serez blancs ou noirs....?

Le Point

Plus de 400 personnes ont trouvé la mort dans les inondations qui ont frappé lundi la Sierra Leone et 600 personnes sont toujours portées disparues, a indiqué vendredi la Croix-Rouge, en lançant un appel aux dons en faveur de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest "dépassé" par l'ampleur de la catastrophe.

"Aujourd'hui, nous dénombrons plus de 400 morts", a déclaré le secrétaire général de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, Elhadj As Sy, devant des journalistes à Genève.

Le bilan "pourrait encore grimper", a prévenu à ses côtés le porte-parole du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (BCAH) de l'ONU, Jens Laerke.

Le bilan officiel faisait état jusqu'ici de 312 morts. Quelque 600 personnes sont en outre toujours portées disparues.
Jeudi, plus de 300 victimes dont les corps n'ont pas pu être identifiés ont été enterrées à Waterloo, une localité proche de Freetown, en présence du président sierra-léonais Ernest Bai Koroma et de la présidente du Liberia voisin, Ellen Johnson Sirleaf.

En prévision d'un nombre encore plus important des victimes de ces inondations, les autorités avaient creusé 400 tombes dans la terre rouge du cimetière, non loin de celles où reposent déjà des victimes de l'épidémie du virus Ebola, qui a fait 4.000 morts en Sierra Leone en 2014 et 2015.

Les enterrements collectifs devaient se poursuivre vendredi.

Lors de la conférence de presse, Elhadj As Sy a également estimé que la Sierra Leone était confrontée à une crise "qui dépasse ses capacités" et appelé la communauté internationale à apporter son aide.

Durement frappées par cette catastrophe, les personnes déplacées à Freetown dorment toujours dehors "car il n'y a pas suffisamment d'abris pour tout le monde", a-t-il dit.