Trois églises situées à Oran, à Ain Turk et à El Ayaida ont pu rouvrir leur portes le 10 juin, après notification du gouverneur de la province d'Oran en Algérie. Elles avaient été fermées par le gouvernement entre novembre 2017 et février 2018.

 

Une réouverture inattendue

Vers 13 heures le 10 juin, Rachid Seghir, pasteur à l'église d'Oran, reçoit un appel inattendu lui demandant de se rendre au commissariat, le plus vite possible, sans préciser de quoi il s'agit. Une fois sur place, un officier de police lui tend une notification à signer. Il y est stipulé que le lieu de culte sera rouvert, et que les services de l’État, dont la police, «travailleront à la mise en œuvre de cette décision».

«Honnêtement, je n'ai rien compris. Quand j'ai reçu la notification, je suis resté ébahi, pensant que c'était peut-être un piège», confie Rachid Seghir, ému.
 

Il se rend ensuite à l'église et annonce la nouvelle à la communauté. 45 minutes plus tard, 3 policiers arrivent et enlèvent les scellés de la porte principale, sans rien dire. Comme lors de la fermeture, aucune raison n'est évoquée pour cette réouverture. Deux autres notifications de réouverture lui sont aussi envoyées pour les églises d'Ain Turk (30 km à l'ouest d'Oran) et d'El Ayaida (35 km à l'est d'Oran). 

Dans un communiqué du 12 juin, l’Église Protestante d’Algérie (EPA) exprime sa gratitude envers tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont rendu tout cela possible. Le groupement condamne la décision initiale de fermeture et déplore la fermeture des églises de Béjaia, et de Tizi-Ouzou. Ces 2 bâtiments et celui d'Azagher sont toujours fermés.

 

Depuis novembre 2017, 6 églises et une crèche avaient été fermées

Face à plusieurs cas d'arrestations de chrétiens, de fermetures d'églises et de problèmes administratifs récurrents, l’Église Protestante d’Algérie avait publié le 18 mai une déclaration, destinée au gouvernement algérien. Elle demandait un traitement plus juste à l’égard des assemblées qu'elle représente.

 

Les chrétiens sont limités dans l’expression de leur foi en Algérie, en raison de la loi sur les cultes non-musulmans de 2006. Cette ordonnance interdit l'impression, le stockage et la distribution de documents destinés à «ébranler la foi» d'un musulman.