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J’ai grandi dans une rue très pentue d’une petite ville italienne. Une de nos voisines était une femme très âgée, Donna N.
Comme elle ne pouvait pas affronter la pente, tout le monde lui faisait les courses et l’aidait lorsqu’elle devait sortir du quartier.
J’ignore l'âge qu'elle avait, mais elle était déjà vieille lorsque je suis née. Quand j’étais toute petite, elle se tenait déjà avec une canne sur une chaise devant sa porte entourée de fleurs. Tous les enfants de la rue allaient la voir parce qu’elle nous donnait des bonbons. Même lorsqu’elle n’avait pas des bonbons, nous étions souvent autour d’elle pour lui montrer nos jouets. Durant mon adolescence, elle peinait réellement à sortir, elle était vraiment très âgée et faible.
Un matin très tôt, alors que j’avais passé le weekend chez une amie dans un quartier proche, je remontais la pente lorsque j’ai vu Donna N.
J’étais étonnée parce qu’elle était debout, sans canne, elle marchait comme une jeune fille. Elle était très joviale. J’ai pressé le pas pour arriver presqu'à sa hauteur, j’étais encore derrière elle lorsque je l’ai interpellée :
- Donna N, où vas-tu comme ça ?
Elle s’est retournée et m’a dit :
- Je vais au Paradis ! Ciao petite !
Je me suis dis qu’elle avait certainement abusé de ses médicaments. Je l’ai vu monter jusqu’à ce que je la perde de vue. Lorsque je suis entrée chez moi, je me suis empressée de raconter à ma mère que j’ai vu Donna N, dehors, en train de monter la pente !!!
Elle m’a dit que j’avais sûrement dû la confondre avec quelqu’un d’autre, je lui ai répondu que non, je la connaissais depuis ma naissance !
Ma mère m’a dit que Donna N. était paisiblement décédée pendant le weekend et que les pompiers ont emporté le corps.
J’étais assez perplexe, j’ai alors dit à ma mère que j’ai vu Donna N. et qu’en plus elle m'a dit qu'elle se rendait au Paradis !
Dans un premier temps ma mère est sortie de sa tristesse pour se moquer de moi, en me disant qu’on ne va pas au Paradis à pieds et que si c’était le cas, je devais lui donner l’itinéraire.
Quelques secondes après, elle était quand même dans un état d’étonnement car la coïncidence n’était pas négligeable. Elle m’a dit qu’elle m’accompagnerait le lendemain à l’église pour que le prêtre me bénisse, dans le sens de me « nettoyer » spirituellement.
Bianca
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