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En janvier 2025, les dernières églises évangéliques ont officiellement cessé leurs activités en Algérie. 

Le Gouvernement algérien ferme les églises protestantes

L'Algérie a vu la fermeture de la plupart des églises protestantes ces dernières années, contraignant des milliers de chrétiens à des cultes de maison; des lieux de fortune ou dans des zones reculées. Ces mesures interviennent dans un contexte de contrôle étatique croissant sur les pratiques religieuses non musulmanes.

Un rapport de 2026 du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) affirme que ces fermetures s'inscrivent dans « un système juridique et administratif restrictif, incompatible avec les normes internationales de liberté religieuse ». Ce document met en lumière un décalage entre les garanties constitutionnelles et la réalité vécue par les chrétiens du pays.

 

 

 

La fermeture des églises a poussé les fidèles à se réunir de manière décentralisée. Les réunions de prière ont lieu dans des maisons; des espaces improvisés ou en plein air. Un représentant de l'EPA a déclaré, dans un témoignage cité dans le rapport : « Nous essayons de vivre notre communion du mieux possible; le plus important est d'être ensemble. »

La loi algérienne stipule que les offices religieux non musulmans nécessitent une autorisation de l'État, qui, selon les chrétiens, est rarement accordée. Un décret de 2006 exige que les activités religieuses se déroulent uniquement dans des lieux agréés, tandis qu'une loi de 2012 impose l'enregistrement des associations religieuses. Le rapport indique que les demandes d'ouverture de nouvelles églises ont été rejetées par les autorités.

Sans reconnaissance légale, les rassemblements religieux peuvent être considérés comme irréguliers. Des pasteurs et des fidèles ont été poursuivis pour avoir tenu des cultes sans autorisation, des descentes de police lors de réunions de prière ont entraîné des arrestations et des interrogatoires. Dans une affaire récente, un groupe de chrétiens a été détenu pendant des heures après une réunion.

Le rapport met également en lumière des lois qui criminalisent certaines expressions religieuses. La législation prévoit des sanctions pour ceux qui « portent atteinte à la foi d'un musulman » ou tentent de le convertir, pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement et l'amende. « Toute manifestation de foi chrétienne peut être considérée comme une tentative de “porter atteinte à la foi d'un musulman”… et peut donner lieu à des poursuites judiciaires », précise le document.

Les autorités ont appliqué ces règles aux cas concernant les publications sur les réseaux sociaux, la diffusion de documents religieux et les déclarations publiques sur le christianisme. De ce fait, de nombreux chrétiens évitent d'afficher des symboles de leur foi ou de parler ouvertement de leurs convictions.

 

Malgré ces restrictions, la communauté chrétienne du pays s'est développée ces dernières décennies, notamment parmi les évangéliques. Le rapport estime à environ 156 000 le nombre de chrétiens, soit environ 0,3 % de la population. Une partie de cette croissance se concentre en Kabylie, région réputée pour sa diversité culturelle. L'historienne Karima Dirèche a indiqué que les changements sociaux survenus après la guerre civile ont contribué aux transformations religieuses dans la région.

Les personnes qui abandonnent l'islam pour suivre Jésus sont confrontées à des difficultés supplémentaires. Bien que la conversion ne soit pas formellement interdite, le rapport souligne qu'elle est perçue comme un sujet délicat dans le contexte social et peut engendrer des pressions de la part des autorités et des communautés locales.

 

Dans un contexte régional, les pays d'Afrique du Nord exercent un contrôle sur les activités religieuses.

En Tunisie, la liberté de croyance est inscrite dans la Constitution, mais le prosélytisme est abordé avec prudence. Au Maroc, les pratiques chrétiennes sont autorisées de manière limitée, avec des restrictions sur la conversion des musulmans. Le rapport souligne que l'Algérie se distingue par l'ampleur des mesures appliquées.

Le pays est signataire d'accords internationaux sur la liberté religieuse, mais la Conférence européenne de l'Église dans la liberté (CECLJ) constate que ces engagements n'ont pas été pleinement respectés. Selon le rapport, les réactions des organisations internationales ont été « largement symboliques et non contraignantes ».

D'après le site Christian Daily, le sujet est revenu au cœur du débat international après une récente visite papale dans le pays qui a mis en lumière le patrimoine chrétien local et le dialogue interreligieux. Cependant, le rapport indique que la situation concrète demeure inchangée.

Sans accès aux lieux de culte reconnus et sous la menace de sanctions légales, les chrétiens continuent de pratiquer leur foi discrètement. Le document conclut que ces restrictions ne sont pas isolées, mais s'inscrivent dans un modèle structurel. « L’oppression des chrétiens en Algérie ne peut être comprise comme une série d’incidents isolés, mais plutôt comme le résultat d’un système juridique et administratif restrictif », indique le rapport.

 

Deux captures d'écran du rapport :

 

 

 

 


Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Matthieu 5:11. Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu'on vous chassera, vous outragera, et qu'on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme ! Luc 6:22. LSG

 

 

Avec des informations de :

GoodPrime

ECLJ

 

 

Tag(s) : #NOS FRERES SONT PERSECUTES

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