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Mon mari et moi, nous sommes chrétiens depuis toujours, originaires de branches et dénominations différentes tout en étant tous les deux protestants. Nous avons su concilier la religiosité pour nous concentrer uniquement sur la foi.

Mon mari était un homme droit, il tenait absolument à payer la dîme du moindre revenu ou même d’un bonus qu’il pouvait avoir. Il a toujours été très carré sur ce type de choses, je le laissais faire, c’était sa façon de voir les choses, il ne faisait de mal à personne.

 

La santé de mon mari a commencé à décliner, il se plaignait de migraines, il s’évanouissait quelques fois. Puis le diagnostic est tombé, mon mari avait une tumeur au cerveau. J’ai dû très vite me réorganiser entre mon travail, la maison, les enfants et l’accompagnement de mon mari dans sa maladie. Nous avions prié, tout en collaborant avec Dieu pour lui demander que sa volonté soit faite et qu’il nous fortifie. Puis nous avons su qu’il partirait, je ne saurais vous dire comment, mais durant une prière à deux, nous l’avions simplement su en nous-mêmes et nous avons compris.

C’était très dur, très difficile et effectivement les choses sont allées assez vite. Les médecins nous ont dit qu’ils ne pouvaient plus rien, mon mari pouvait rentrer à la maison s’il le souhaitait.  Il a choisi de rentrer à la maison pour y passer ses derniers jours. Il souffrait mais il était extrêmement paisible, j’ai souvent vu l’étendue de la foi de mon mari durant les épreuves, là ce n’était pas différent, cela me rassurait et j'en étais très fortifiée.  Un jour quelqu’un a sonné, c’était le pasteur.

Depuis que nous avions emménagé dans cette ville, nous fréquentions cette église fondée par un couple. L’église en question se veut évangélique, elle est indépendante et unique. Personne n’était encore venu nous voir, et nous ne l’avions pas forcément remarqué parce que l’essentiel de notre foi c’était vraiment Dieu, nous ne nous attendions à rien concernant les hommes.

Le pasteur est venu, il est allé droit au but en nous disant qu’il avait remarqué que nous ne versions plus la dîme depuis deux ou trois mois. En effet c’est le type d’église où les membres doivent dire leur profession, donner le montant de leurs salaires et verser la dîme par carte ou virement bancaire, cela leur permet apparemment de surveiller ceux qui donnent.

C’est quelque chose qui m’avait étonné au début, à l’époque mon mari m’avait encouragé à surmonter cette gêne, après tout on ne comprenait pas encore comment ils fonctionnaient.

 

J’étais estomaquée par ce pasteur qui venait chez un malade les mains vides, mais en plus dans le seul but réclamer de l'argent. Je lui ai expliqué qu’actuellement nous ne pouvions pas payer la dîme car les soins hospitaliers avaient coûté très cher et que de ce fait nous rencontrions quelques difficultés. Le pasteur nous a répondu que si nous ne mettons pas à jour notre dîme, mon mari n’entrerait pas au paradis, il irait en enfer.

Il fallait donc qu’on fasse tout pour réunir les sommes « en retard » pour lui faire un virement afin que mon mari entre au Paradis. Même mon fils qui n’avait pas encore 10 ans a sursauté. Ma tante qui habite dans une autre ville avait eu des problèmes de santé à une époque, son église a payé son loyer mois après mois, durant une année entière. Les membres de leur église sont venus lui faire à manger et le ménage durant tout le temps de sa maladie.

J’ai mis le pasteur à la porte, je l’ai surtout fait parce que j’ai vu le choc dans les yeux de mon pauvre fils qui vivait déjà l’expérience de perdre son père sous ses yeux, l’ambiance à la maison était déjà inhabituelle, et cet homme entre chez nous, pour nous dépouiller.

Mon mari est parti, et je sais que nous le rejoindrons un jour.

 Quelques années après, l’église en question a fermé ses portes. J’ai appris récemment que les pasteurs sont en procès pour abus de confiance.

 

2 Corinthiens 8:12-14

La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu'elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu'elle n'a pas.

Car il s'agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, mais de suivre une règle d'égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu'il y ait égalité

 

Pourquoi j’ai quitté l’église : Le pasteur voulait nous vendre une place au Paradis
Tag(s) : #TEMOIGNAGES

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